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Encyclopédie
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Éditeurs et collaborateurs de l'Encyclopédie / Guillaume d'Abbes [de Cabrerolles] (1718-1802)

Guillaume d'ABBES [de CABREROLLES]
(1718-1802)
Seigneur de Cabrerolles, Courbeson et autre lieux

Né Guillaume d'Abbes le 21 mars 1718 à Bédarieux [Hérault, 34], et baptisé le 26, fils de Guillaume « d'Abbes correcteur en la cour des aydes et finances de Montpellier » (registre paroissial de Bédarieux), il meurt à Pézenas [Herault, 34] le 11 octobre 1802 (19 vendémiaire an XI) le décès étant enregistré au nom de « Guillaume Abbes » (registre d'état civil de Pézenas). Marié le 11 février 1741 à Béziers [Herault, 34] avec Aphrodise Jeanne Marie de Gineste (registre de la paroisse Saint-Jacques de Béziers).

Il fait ses études au collège de Pézenas (source « Mon Testament », p. 1). Il reprend la charge de son père en 1749 puis se retire à la fin de sa vie chez son gendre, Joseph François de Grave, à la campagne, à Saint-Martin-d'Aumes (commune de Pézenas), où il dit disposer de beaucoup de loisirs (source : « Mon Testament » et la notice jointe).

Il est cité au Catalogue des gentilshommes de Languedoc (Généralité de Montpellier) qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux assemblées de la noblesse pour l'élection des députés aux Etats généraux de 1789, publ. d'après les procès-verbaux officiels par MM. Louis de la Roque et Edouard de Barthélemy, Paris, E. Dentu et Aug Aubry, 1864.

Il était membre de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Béziers où il avait prononcé son discours de réception le 11 juillet 1745 (source : « Mon Testament », p. 2). Il a publié une Relation des inondations arrivées à la ville de Bédarieux en 1745, et un Voyage dans les espaces imaginaires en 1758. Il a écrit un seul article pour l'Encyclopédie, au volume VI, p. 774 : Figure (Physiologie), où sa contribution est mentionnée sans ambiguïté : « Cet art. est de M. d'Abbes de Cabroles, Correcteur à la chambre des comptes du Languedoc ». Il fait également partie de la liste des personnes « ayant fourni des Articles ou des secours » pour le volume VI et le suivant, cité, p. vij du vol. VI de l'Encyclopédie.

La meilleure source à son propos est le manuscrit de G. d'Abbes, paginé « Mon Testament » qui porte en tête l'inscription « ceci est le recueil des œuvres littéraires de Mr Guillaume d'Abbes, baron de Cabrerolles », suivi des dates de naissance de ses enfants et petits-enfants.

Guillaume d'Abbes a rédigé à la fin de sa vie, en 1793 (d'après la date porté p. 9), ce manuscrit, sorte de « testament littéraire » (p. 1) en français et occitan, intitulé « Mon Testament » (manuscrit conservé au CIRDÒC - Mediatèca occitana, Ms 883, consultable en ligne). Il y donne des détails sur sa participation à l'Encyclopédie (à la chronologie étrange puisque l'article a paru en 1756) :

« [p. 3] ... Le voyage dans les espaces a été imprimé a Paris en 1758. L'on m'a rapporté que Freron l'avoit vivement critiqué. Avec un peu plus d'amour propre, je pourrois croire qu'il y trouva quelque verité, puisqu'il daigna s'occuper de cette chetive Brochure, et la trouva digne de son courroux. Au fonds il avoit raison, il etoit trop hardi, qu'un mince auteur sans nom, s'avisat de tomber sur les aristarques de la litterature. Cela méritoit, [p. 4] correction. J'adressai ce petit ouvrage à Briasson libraire dont je ne connoissois que le nom. Il le donna a lire a Mrs D'alemberent et Diderot, qui lui sourirent et lui en conseillerent l'impression.

Mon enfant bien aimé est le discours sur la Beauté. Ce qui a augmenté ma tendresse pour lui c'est que Voltaire dans ses questions sur l'Encyclopedie et son Dictionnaire philosophique, dit que cet article est trés ingénieux. Celui Beauté dans l'Encyclopédie, n'y etoit que tres superficiellement traité. J'adressai le mien a Briasson, en lui observant, qu'on pouvoit le suppléer a celui Figure Phisiologie. Il me remercia de la part des éditeurs.

Il s'en faut de beaucoup que j'aprouve trois ou quatre lignes qu'ils y ont ajoutées. Surtout ce Proverbe, vive les sots, pour bailler de l'esprit. Mon [p. 5] Discours est trop sérieux, trop décemment traité, pour que cette Trivialité n'y soit pas déplacée. Il est ici tel qu'il fut envoyé. » (p. 3-5, manuscrit transcrit par I. Passeron le 02/03/2016)

Le texte de l'article, intitulé ici « De La Beauté » commence p. 90 du manuscrit, mais un premier regard montre que l'éditeur, Diderot probablement, y a effectué des coupes franches, de nombreuses réécritures stylistiques ... et au moins un ajout, dont celui dont se plaint Abbes. On trouve en effet p. 774 du tome X de l'Encyclopédie ces mots qui ne figurent pas dans le manuscrit : « Un homme droit seroit bien laid, si tous les autres étoient bossus. Il n'y a pas jusqu'à l'imbécillité qui n'ait un préjugé en sa faveur : on a dit, vive les sots pour donner de l'esprit. » Le manuscrit d'Abbes porte en note : « voyés l'encyclopédie on y a jouté qq lignes que je n'aprouve pas ».

Irène Passeron et Françoise Launay

Notice mise en ligne le 15 mars 2016

Les collaborateurs de l'Encyclopédie

Indications bibliographiques :

Guillaume d'Abbes, « Mon Testament », CIRDÒC - Mediatèca occitana, Ms 883, en ligne sur l'Occitanica mediatèca Enciclopedica [consulter].

Frank A. Kafker et Serena L. Kafker, The Encyclopedists as Individuals: a Biographical Dictionary of the Authors of the Encyclopédie, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, 257, Oxford, Voltaire Foundation, 1988, p. 1-2.

Pour citer cet article :

Irène Passeron et Françoise Launay, « Guillaume d'Abbes [de Cabrerolles] (1718-1802) », Les collaborateurs de l'Encyclopédie, projet d'Edition Numérique Collaborative et CRitique de l'Encyclopédie, http://enccre.academie.sciences.fr (24-05-2017).

À propos des auteurs de cet article :

Irène Passeron et Françoise Launay.

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