Edition Numérique Collaborative
et CRitique de l'
Encyclopédie
Retour en haut
Extraits choisis de l'Encyclopédie / L'article STATIQUE de D'Alembert

L'article STATIQUE de D'Alembert
(t. XV, 1765, p. 496b-497a)

Collation effectuée par C. Schmit
sur l'exemplaire 1 de la Bibliothèque Mazarine

STATIQUE, s. f. (Ordre encyclop. entend. raison, Philos. ou science, science de la nature, Mathématiq. Mathém. mixtes, Méchaniq. Statique.) est une partie de la méchanique, qui a pour objet les lois de l’équilibre des corps ou des puissances qui agissent les unes sur les autres.

La méchanique en général a pour objet les lois de l’équilibre & du mouvement des corps, mais on donne plus parfaitement le nom de méchanique à la partie qui traite du mouvement, & celui de statique à la partie qui traite de l’équilibre ; ce nom vient du latin stare, s’arrêter être en repos, parce que l’effet de l’équilibre est de produire le repos, quoiqu’il y ait dans le corps en équilibre une tendance au mouvement.

La statique se divise en deux parties, l’une qui conserve le nom de statique, a pour objet les lois de l’équilibre des solides. C’est dans cette partie qu’on traite ses différentes machines simples ou composées, comme la poulie, le levier, le plan incliné, &c. l’autre partie, qu’on appelle hydrostatique, a pour objet les lois de l’équilibre des fluides.

L’ouvrage le plus étendu que nous ayons sur la statique, est la nouvelle méchanique de M. Varignon, imprimée à Paris en 1725, en deux volumes in-4o. Dès l’année 1687 l’auteur avoit donné un ouvrage sur ce même sujet avec le titre de projet d’une nouvelle méchanique.

Dans ce premier ouvrage, qui a paru la même année que les principes de Newton, M. Varignon donne une méthode générale pour déterminer l’équilibre sur toutes les machines, & cette méthode est peu différente de celle que M. Newton donne dans le premier livre de son ouvrage. Elle consiste à reduire [497a] par le principe de la composition des forces, toutes les puissances qui agissent sur une machine à une seule puissance, dont la direction doit passer par quelque point d’appui fixe & immobile lorsqu’il y a équilibre. Ainsi dans la poulie, par exemple, il faut que la direction de la puissance qui résulte des deux puissances appliquées à la poulie, passe par le centre fixe de la poulie : de même dans le levier, il faut que la puissance qui résulte des deux puissances appliquées aux extrémités du levier, ait une direction qui passe par le point d’appui. L’auteur a étendu ce principe dans sa nouvelle méchanique, qui n’a été imprimée qu’après sa mort, & il y a joint la maniere de déterminer par le même moyen les lois de l’équilibre des fluides. (O)

Autres articles

Présentation de l'article STATIQUE

Indications bibliographiques

Alain Firode, La dynamique de D’Alembert, Montréal-Paris, Bellarmin-Vrin, 2001.

Véronique Le Ru, D’Alembert philosophe, Paris, Vrin, 1994.

Pour citer ce texte de présentation

Christophe Schmit, « L'article STATIQUE de D'Alembert (t. XV, 1765, p. 496b-497a) », Extraits choisis de l'Encyclopédie, projet d'Edition Numérique Collaborative et CRitique de l'Encyclopédie, http://enccre.academie.sciences.fr (24-05-2017)

Sur l'auteur de ce texte de présentation

Christophe Schmit est chargé de recherches au CNRS, membre du laboratoire SYRTE (UMR 8630) de l'Observatoire de Paris.

Dernière mise à jour : le 29 décembre 2014
ENCCRE | Intranet
© 2014-2017 | Crédits